Accepter de vider sa tasse

Bonjour,

Depuis quelques jours, je suis amenée à répéter le même message. J’en conclus que c’est une réflexion actuelle qui touche de nombreuses personnes (et moi la première). Donc je partage avec vous.

Chaque jour de sa vie est comme une feuille blanche. Tout est possible sur cette feuille. Mais la journée est limitée par son début et sa fin : il faut rester dans le cadre de la feuille. Tout va dépendre des stylos et crayons qui seront utilisés et des habitudes de dessin, d’écriture,… Si je décide d’écrire, la place prise sur la feuille est occupée. Je peux essayer d’écrire et dessiner en même temps. Soit je suis très rigoureux, soit cela donne un gribouillage informe. Je veux dire que tout est possible mais je dois choisir une option. Si j’ai passé ma journée au travail, mes enfants ont passé la journée à jouer sans moi. Si je veux concilier les 2, à moi de trouver l’équilibre qui me convient.

Maintenant imaginons, que j’ai pris l’habitude d’écrire sur ma feuille. Chaque jour, j’écris un texte, voir même toujours un texte identique. Au fur et à mesure, j’ai optimisé la présentation, je sais où commencé, où finir, comment utiliser au mieux l’espace. Mais je commence à m’ennuyer à répéter toujours la même chose. J’étouffe, le texte me met en colère, cette situation devient difficile à vivre. Qu’est-ce que je peux faire ? Écrire un autre texte par exemple. Je peux même apprendre à dessiner. Donc d’abord je dois décider d’arrêter de remplir ma feuille comme avant pour pouvoir y mettre autre chose. Je remets le même texte mais en même temps je réfléchis, je me prépare à changer. Et à un moment, je dois accepter de me jeter à l’eau, accepter le grand saut, accepter de me retrouver seule devant ma page blanche (entière ou un morceau) et de remplir autrement. Ce moment face au vide crée une grande insécurité. Et ensuite, je me lance. La 1ère nouvelle feuille représentera mes 1ers choix. En fonction de mon appréciation du résultat, je peux sélectionner ce que je veux améliorer, ce que je veux garder tel quel,… Et à chaque nouvelle feuille, je choisis de nouvelles options en fonction de mon humeur, de mon envie, de mon état,…

Changer de vie représente les mêmes difficultés. D’abord, il s’agit de prendre conscience de l’envie de changer. Dans mon cas, c’est quand j’effectue les tâches par automatisme, et qu’à la fin je me sens vidée de mon énergie. Au milieu de tout cela, on peut découvrir un out de ciel bleu, un truc qui amène joie et envie. Pour pouvoir se lancer dans cet espace, il faut arrêter ce qui était fait avant. Cesser l’ancien, signifie se retrouver face au vide, et ensuite amener le nouveau dans ce vide. Ce court moment de transition peut angoisser. Mais une fois qu’il est passé, la magie de nouveau m’emporte. C’est magnifique. Puis la joie s’émousse, il est temps de passer à autre chose. A nouveau, il s’agit d’arrêter, sauter dans le vide et atterrir dans un nouvel espace,… ainsi de suite toute sa vie. Il est possible de choisir de rester un long moment au même endroit. Je pense que c’est sclérosant et insatisfaisant mais chacun son ressenti. Tout est possible. J’ai choisi d’évoluer et de changer malgré les difficultés engendrées. C’est ma décision et j’en assume les conséquences. A chacun de créer sa vie comme il l’entend. Il me semble seulement préférable de choisir en conscience. Mais ce n’est que mon avis.

Le vide c’est aussi la plénitude. En changeant ma manière de voir ce moment de transition, je peux le rendre facile et naturel. Il s’agit d’un mouvement perpétuel comme la montée d’un escalier : 1 montée, 1 marche, 1 palier, 1 moment de découverte de ce niveau, puis une nouvelle marche, un nouveau palier,…

La vie c’est donc choisir et donc renoncer. Si je choisis l’option A, alors c’est l’option A et pas l’option B. A moi de créer l’option qui me convient le mieux. A moi d’aménager ce que je veux. Un exemple ? Je peux décider de rester à la maison m’occuper de mes enfants. Dans ce cas, mes journées tourneront autour d’eux. Elles seront ponctuées par leur rythme. Si je souhaite réaliser un projet à moi, il me faut de temps pour cela. Il semble impossible de faire les 2. Ou alors, je coupe la semaine en 2 par exemple : samedi à mardi : enfants, mercredi à vendredi : projet personnel. Ou une autre organisation. En tout cas, réaliser mon projet personnel nécessite de lâcher mes enfants à un moment ou à un autre. A moi de trouver quel moment je choisis de garder pour moi et comment j’occupe mes enfants à ce moment là. Je peux aussi décider que mes enfants sont trop petits pour être absente. Dans ce cas, j’abandonne, peut être momentanément, mon projet. Un autre exemple, si je choisis de rester tard au bureau pour finir mon travail, je choisis de passer ma fin de journée loin de ma famille. C’est possible. J’en accepte les conséquences : moins voir les membres de ma famille. Je peux me dire c’est ponctuel, je me rattraperai. A moi de m’autoriser à sortir tôt le lendemain pour profiter de ma famille. Je peux considérer que l’important c’est la qualité du temps passé, pas la quantité. A moi de rendre chacune des plages de mon emploi du temps, pleines de qualité de présence. Bref tout est possible.

L’apprentissage fonctionne de la même manière. La leçon est expliquée. Ensuite, je la pratique, je l’expérimente. Lorsque la leçon est intégrée, elle devient automatique, évidente donc elle est oubliée. Je suis alors prête à apprendre du nouveau.

Pour illustrer cela, voici une histoire que j’ai trouvé sur ce blog :https://mavieenmains.com/savoir-vider-sa-tasse

Un maître de sagesse réputé, un Ô-sensei célèbre dans le cadre des Arts Martiaux, reçoit un jour la visite de deux « maîtres » de Karaté, des « sensei », venant lui rendre visite pour apprendre les raisons qui font qu’ il est si réputé et si efficace en tout.
Les deux « maîtres de karaté posent des questions intéressantes. Mais, à chaque réponse du maître réputé, ils transforment les conseils en les adaptant et en les comparant à leur style, ce qui fait qu’ ils passent à côté de l’ enseignement profond commun à tous les Budo et Bujutsu.
Devant ces esprits bornés, la température étant un peu fraîche en cette saison, le maître de sagesse leur propose de prendre une boisson chaude. Et il demande à sa servante d’ apporter du thé, du café et du chocolat.
N’ ayant jamais goûté au café ni au chocolat, de leur vie, les deux « sensei » prennent prudemment une tasse de thé, tandis que le maître remplit sa tasse de café. Arrivés à la moitié de leur tasse, voyant le maître se délecter de son café, un des « sensei » dit : « Ô-sensei, pourrais-je goûter ce café, que vous paraissez tellement apprécier ? ».
Et il tend sa tasse à moitié pleine de thé.
Le maître verse du café dedans.
Le premier « maître » le goûte et fait la grimace : « Je n’aime pas trop cette boisson bizarre, beurk… »
Le second « maître » ne se risque donc pas à demander du café, et demande à goûter le chocolat.
Il tend sa tasse à moitié pleine de thé : « Ô-sensei, pourrais-je goûter ce chocolat, de couleur si agréable ? ».
Le maître verse du chocolat dans la tasse du second, qui goûte la mixture chocolat-thé, fait la même grimace, et repose sa tasse sur la table avec dégoût.
« Ô-sensei, demandent les deux « maîtres », comment se fait-il que certains aiment le café et le chocolat, de goût si mauvais, alors que le thé est incomparablement plus délicieux ? »
« Probablement parce qu’ ils vident leur tasse, et apprennent à apprécier ce qu’ ils ne connaissent pas encore… » répond le Ô-sensei, avec le sourire affectueux et narquois caractéristique à tous les maîtres de sagesse ».

les Chroniques martiales de Henry Plée

Belle soirée à tous !

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